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Pensée systémique: Les chats de Bornéo : Script

Dans les années 1950, le peuple Dayak de Bornéo, une île d’Asie du sud-est, souffrait d’une épidémie de paludisme et a dû appeler à son secours l’Organisation Mondiale de la Santé. Cette dernière avait une solution toute prête : pulvériser du pesticide DDT copieusement tout autour de l’île. Les moustiques porteurs du paludisme furent anéantis et avec eux le paludisme.

Ceci eut toutefois des effets secondaires intéressants. Tout d’abord, les toits des maisons commencèrent à s’effondrer sur la tête de leurs habitants. Le DDT n’avait pas seulement détruit les moustiques porteurs du paludisme mais également une espèce de guêpes parasites qui assuraient le contrôle d’une population de chenilles, qui elles-mêmes se nourrissaient de chaume dont les toits des maisons sont constitués. Sans les guêpes, les chenilles se multiplièrent et parvinrent jusqu’aux toits des villageois.

Mais ce n’était que le début. Le DDT affecta également de nombreux autres insectes de l’île dont se nourrissaient les petits lézards locaux appelés geckos. Le DDT ayant une durée de vie biologique de 8 ans, des animaux comme les geckos ne l’assimilent pas facilement et il reste dans leur système pendant une longue durée. Les geckos finirent donc par accumuler des niveaux importants de DDT, et, s’ils le toléraient plutôt bien, ce ne fut pas le cas des chats de l’île qui aimaient faire de ces petits lézards un bon repas. Les chats mangèrent les geckos et moururent du DDT. Comme les chats n’étaient plus là, les souris, ou plutôt les rats dansèrent, et nous savons tous ce qui arrive quand les rats se multiplient. Très vite, le peuple Dayak appelait à nouveau l’Organisation Mondiale de la Santé. Cette fois ce n’était pas pour se plaindre du paludisme mais de la peste et de la destruction des stocks de grain causée par la surpopulation de rats. L’Organisation Mondiale de la Santé n’avait pas de solution toute prête cette fois-ci et dû improviser : elle décida de parachuter des chats vivants sur l’île de Bornéo. L’opération « parachutage de chat » fut menée gracieusement par la Royal Air Force et parvint finalement à stabiliser la situation.

Morale:

  • Lorsqu’on ne prend pas en compte les interrelations entre les choses, les solutions créent souvent de nouveaux problèmes.
  • Les questions imples nécessitent parfois un mode de réflexion complexe pour trouver de bonnes solutions.
  • Il vaut toujours mieux gérer intentionnellement que par défaut.

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